L'écologie Industrielle et Territoriale

La définition

L’écologie Industrielle et Territoriale (EIT) est une véritable composante opérationnelle du développement durable. Elle vise à rompre avec l’approche linéaire classique des activités économiques qui n’intègre ni la finitude des ressources, ni l’incapacité de la planète à absorber la totalité des déchets produits.

Traduit de l’anglais « industrial ecology », il faut interpréter « industrielle » comme étant un qualificatif représentant l’ensemble des activités économiques d’un territoire (industrie, agriculture, commerce, transport…). Ainsi, l’Ecologie Industrielle et Territoriale prône une approche systémique des activités, inspirée des écosystèmes naturels. Elle intègre à la fois la finitude des ressources et le besoin de diminuer les impacts des activités sur l’environnement. L’écologie industrielle et territoriale permet également de stimuler le tissu économique du territoire. Il s’agit d’une part, d’optimiser la gestion des flux de matière et d’énergie à travers la mise en œuvre de synergies et de mutualisations de ces flux, et d’autre part, de mettre en place des filières de recyclage, valorisation, réemploi, etc. de produits.

Fonctionnement linéaire des systèmes industriels classiques
Fonctionnement des écosystèmes naturels
Fonctionnement circulaire des éco-systèmes industriels
Les synergies

En écologie industrielle et territoriale, on parle souvent de "synergies", mais qu'est-ce que c'est ?

Tout d'abord, le mot, si vous faites une recherche rapide sur internet, vous trouverez :

La synergie est un type de phénomène par lequel plusieurs facteurs agissant en commun créent un effet global ; un effet synergique distinct de tout ce qui aurait pu se produire s'ils avaient opéré isolément, que ce soit chacun de son côté ou tous réunis mais œuvrant indépendamment.

En matière d'écologie industrielle et territoriale, une synergie est une action multi-acteurs qui vise à renforcer l'efficacité de l'utilisation des ressources soit dans une logique de "substitution" (où la matière résiduelle d'une entreprise peut être utilisée par une autre) soit dans une logique de "mutualisation". La mise en oeuvre de ces synergies permet d'optimiser la gestion des ressources matérielles ou immatérielles à l'échelle d'un territoire (zone d'activité, communauté de communes, département, 

La mise en oeuvre

La mise en œuvre de synergies inter-entreprises se classent souvent selon deux catégories :

 

  • Les synergies de substitution : l’échange et la valorisation de matière et d’énergie entre plusieurs entreprises : chaleur, vapeur, eaux industrielles, déchets, emballages, et coproduits…,

  • Les synergies de mutualisation de moyens et de services : achats groupés, logistique commune, gestion collective des déchets, restaurant interentreprises, crèche, conciergerie d’entreprises, gardiennage, dispositifs incendies …, mais aussi le partage d’équipements ou de ressources : réseau chaleur/froid, STEP, chaufferie, unité de méthanisation, parc de stationnement, lieu de réunion, emplois en temps partagés, audits mutualisés …

Une fois mise en oeuvre, ces synergies peuvent amener à la création d’activités et au développement de filières de valorisation locales.

Les enjeux

Le principal enjeu de l’écologie industrielle est donc l’augmentation de l’efficacité des ressources afin d’aboutir à une situation « gagnant – gagnant » entre l’économie et l’environnement. En effet, la mise en œuvre d’une telle discipline génère plus de richesses tout en réduisant l’impact des activités économiques sur la biosphère. Quatre grands principes permettent de répondre à cet enjeu :

  • Valoriser systématiquement les déchets : en leur ré-attribuant une valeur économique, il devient plus intéressant de les valoriser, à l’image des écosystèmes naturels à l’intérieur desquels les déchets des uns deviennent les ressources des autres,

  • Minimiser les pertes par dissipation des produits tout au long de leurs cycles de vie (pesticides, solvants, etc.),

  • Dématérialiser l'économie par la minimisation des flux totaux de matière tout en assurant des services au moins équivalents (économie de fonctionnalité, etc.),

  • Décarboner l'énergie qui, depuis un siècle et demi, est principalement obtenue à partir d'hydrocarbures d'origine fossile (charbon, pétrole, gaz), responsables de nombreux problèmes tels que l’augmentation de l'effet de serre, les marées noires, etc.).

Les bénéfices

 

Pour les entreprises, ces démarches visant une meilleure gestion environnementale relèvent aussi d’une logique économique :

 

  • Réduire les impacts environnementaux et améliorer l’image de l’entreprise,

  • Rechercher des solutions d’optimisation dans l’environnement économique,

  • Générer des revenus par la vente de sous-produits et réaliser des économies d’échelles par la mutualisation,

  • Réduire les coûts d’approvisionnement, de collecte et de traitement des déchets, de transport…,

  • Réduire à la source la consommation de matières, d’énergie et la production de déchets,

  • Questionner l’organisation de l’activité et déceler des voies d’amélioration en interne.

 

Pour les territoires, elles s’inscrivent dans une stratégie de développement économique durable :

 

  • Création de filières, d’activités et d’emplois, de services et d’équipements,

  • Ancrage territorial des entreprises et valorisation des ressources locales,

  • Attractivité de la ZAE, du territoire (offre de services, utilités, réseaux…),

  • Stratégie de développement local (positionnement économique, circuits courts …),

  • Responsabilisation des entreprises en matière de gestion environnementale,

  • Réduction des impacts et de la consommation de ressources naturelles sur le territoire.

> Que dit l'ADEME sur le sujet ?
> Que dit le Ministère de la transition écologique et solidaire sur le sujet ?

Club d'Ecologie Industrielle de l'Aube (CEIA)

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